Vols suspendus, quarantaine... Comment la France lutte contre le variant brésilien
- buzzactus
- 22 avr. 2021
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En pleine troisième vague, la France ne veut pas prendre de risque. Pour faire barrage au variant brésilien, dit P1, qui fait des ravages au Brésil, une série de mesures ont été annoncées par le gouvernement lundi, tandis que le Conseil scientifique souhaiterait durcir le couvre-feu en Guyane, département français qui partage la plus longue frontière avec le Brésil.

Quarantaine imposée à l'arriver
La France va instaurer une quarantaine obligatoire de dix jours pour les voyageurs en provenance du Brésil, d'Argentine, du Chili et d'Afrique du Sud, face à l'inquiétude sur les variants du Covid-19, a annoncé Matignon samedi.
Les vols avec l'Argentine, le Chili et l'Afrique du Sud sont maintenus, alors que Paris avait annoncé dès mardi la suspension des liaisons aériennes avec le Brésil pour limiter la propagation d'un variant local, baptisé P1, réputé plus contagieux et dangereux. Cette suspension sera prorogée jusqu'au vendredi 23 avril inclus.
Pour justifier le maintien des vols avec l'Argentine, le Chili et l'Afrique du Sud, Paris dit que la présence de variants n'y atteint "pas les niveaux observés au Brésil". Mais les voyageurs venant de ces trois pays, ainsi que du Brésil, devront désormais se soumettre à un isolement de dix jours, accompagné de restriction des horaires de sortie, avec un renforcement des amendes.
Cette mesure sera progressivement mise en oeuvre jusqu'à sa pleine entrée en vigueur samedi. "Un système de vérification sera mis en place, avant l'embarquement puis à l'arrivée, de l'existence d'un lieu de quarantaine adapté aux exigences sanitaires et des contrôles du respect de la quarantaine seront effectués au domicile par la police ou la gendarmerie nationales, accompagnés d'un renforcement des amendes en cas de non-respect de l'isolement", a précisé Matignon.
Les vols suspendus entre le Brésil et la France
Dans l'urgence, le Premier ministre Jean Castex avait annoncé mardi 13 avril la suspension des vols entre le Brésil et la France. Une suspension prorogée jusqu'à vendredi inclus.
Le ministre de la Santé Olivier Véran avait expliqué devant l'Assemblée nationale que les contaminations comptaient "80% de variant d'origine britannique et maintenant un peu moins de 4% des variants brésiliens et sud-africains". Il a fait état d'un "recul de ces variants parce qu'ils sont moins contagieux que l'anglais qui lui s'étend sur tout le territoire".
Pour le rapatriement du Brésil des Français qui le souhaitent, la France va "travailler sur des solutions ad hoc, de retour par des vols spéciaux, par exemple, quand il y a une justification", a précisé le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes Clément Beaune, sur Europe 1.
Tests antigéniques pour les voyageurs provenant de Guyane
Les voyageurs en provenance de Guyane sont systématiquement soumis depuis jeudi dernier, "par précaution, à des tests antigéniques à leur arrivée" en métropole, a annoncé le ministère de l'Intérieur. En outre, les voyageurs doivent présenter lors de leur embarquement un test PCR datant de moins de 72 heures, a-t-on rappelé.
La Guyane partage 730 km de frontière avec le Brésil, en grande partie le long du fleuve Oyapock. Cette frontière fluviale est davantage surveillée depuis plusieurs mois afin d'empêcher les mouvements de population. Selon le préfet Thierry Queffelec, "le variant P1, dit brésilien, représente aujourd'hui plus de 84% des prélèvements positifs".
Mercredi, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal a expliqué que la suspension des vols entre le Brésil et la métropole "conduisait évidemment à des mesures qui renforcent le contrôle à la frontière entre le Brésil et la Guyane", déjà soumise aux restrictions en vigueur en Outre-mer. Il n'avait pas exclu "que des mesures supplémentaires puissent être prises pour des territoires qui sont concernés par des variants".
Le Conseil scientifique veut avancer le couvre-feu en Guyane
Le Conseil scientifique a pour sa part recommandé d'avancer le couvre-feu en Guyane. Dans cet avis daté du 16 avril et mis en ligne dimanche, l'instance chargée de conseiller le gouvernement préconisait des mesures pour empêcher "un risque d'extension du variant" brésilien, qui "doit être pris en compte durant l'été".
Le Conseil recommandait donc, outre les tests avant tout voyage vers la métropole ou les Antilles françaises, l'extension du confinement au dimanche, effectivement annoncé le 16 avril pour plusieurs communes du territoire, et l'avancement du couvre-feu en semaine de 19 heures à 17 heures, lequel n'a en revanche pas été décidé.
Source : Le Monde




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