Pollution dans l'Arctique : la colère de Poutine
- buzzactus
- 9 juin 2020
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : 20 févr. 2021
Le président russe décrète l'état d'urgence national, après le rejet de 20 000 tonnes d'hydrocarbures dans une rivière. Une opération de communication ?
Ce jour-là, Poutine décide de laisser les caméras du Kremlin filmer sa colère. En cause ? Le déversement de carburant dans une rivière de l’Arctique. Une catastrophe écologique provoquée par l'effondrement du réservoir de diesel d'une centrale thermique. Soit 20 000 tonnes d'hydrocarbures libérées en pleine nature, près de Norilsk. Une malédiction de plus pour cette ville considérée comme la plus polluée du pays en raison de la présence de l'entreprise métallurgique Norilsk Nickel, le premier producteur mondial de nickel. Or, c'est l'une de ses filiales NTEK qui est aujourd'hui mise en accusation.
Le jour de la vidéoconférence avec Poutine, le gouverneur de la région, Alexander Ouss, avoue même son impuissance. « Je ne sais pas combien de temps peut prendre l'opération de nettoyage », lâche-t-il. « C'est pourtant vous le gouverneur ! » lui rétorque Poutine.
Le ministre de l'Environnement, Dmitri Kobilkine, peine, lui aussi, à trouver une solution. Il a bien suggéré de brûler le carburant échappé, avant de se raviser. « Je ne peux pas imaginer un immense incendie au-dessus d'une telle région », a-t-il déclaré. Seule certitude : si les autorités entament sérieusement l'assainissement de la zone, le coût promet d'être élevé. Jusqu'à 1 milliard d'euros, estime Greenpeace.
Pour l'heure, les origines de la fuite demeurent inconnues. On pointe le changement climatique. Sous l'effet de la fonte du permafrost, les piliers du réservoir se seraient affaissés. On évoque aussi la collision d'une voiture qui aurait entraîné un incendie. Enfin, la vétusté des infrastructures datant de trente ans aurait joué un rôle. En 2016, Norilsk Nickel avait déjà péché par négligence en rejetant ses produits chimiques dans une rivière du Grand Nord, devenue soudainement rouge.
Source : Le Point





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